Santé

Le syndrôme de surentraînement

Si vous suivez nos aventures, vous n’êtes pas sans savoir que je suis en phase de guérison suite à une fracture de fatigue survenue au mois de mai. Suite à ce fâcheux contretemps, j’ai dû me résigner à abandonner mes entraînements et quelques rendez-vous sportifs qui me tenaient à cœur mais j’ai aussi fait face aux interrogations et aux remarques de certains de mes interlocuteurs : « Tu cours trop ! », « Tu veux faire toujours plus de sport et voilà le résultat ! », « Tu te surentraînes donc forcément tu te serais blessée un jour ou l’autre »

Loin de moi l’idée de vouloir créer un débat sur ma pratique et sur les causes de cette blessure, les médecins sont les plus à même de me conseiller à ce sujet. Toutefois, à force d’en entendre parler, il m’a semblé intéressant d’aborder cette problématique concernant le surentraînement pour mieux prendre connaissance de ce syndrome désormais reconnu par le milieu médical.

Le syndrome de surentraînement : qu’est-ce que c’est ?

Le surentraînement ou « overtraining » correspond à un état de fatigue chronique non négligeable qui entraîne une chute des performances sur la durée. Les causes et les conséquences de ce mal du sportif sont souvent mal comprises. En effet, de nombreux signes qui ne semblent ni importants, ni graves, sont des signes de surentraînement : le comportement habituel du sportif est altéré.

À quoi est due cette accumulation de fatigue ? L’amélioration physiologique passe par les efforts produits en entraînement et nécessite par la suite une période de récupération. Cette adaptation se caractérise par l’amélioration des systèmes cardiovasculaires et musculaires qui atteignent des niveaux de fonctionnement plus élevés dans le but de compenser le stress qui leur a été imposé : c’est la surcompensation. Le niveau de performance s’accroît via ce phénomène mais pour que le sportif progresse en augmentant ses capacités, le temps de repos doit-être suffisant afin que le corps puisse reconstituer des réserves. Il s’agit donc de trouver le bon équilibre en structurant ses entraînements de manière à travailler assez pour éviter la stagnation physique mais sans trop forcer pour éviter l’excès de fatigue.

S’agit-il seulement d’un problème d’équilibre entre entraînement et récupération ?

Non, d’autres facteurs peuvent expliquer le dysfonctionnement du corps. On retrouve souvent une ou plusieurs des causes suivantes :

  • une source de stress liée aux activités socio-professionnelles, surmenage
  • une mauvaise hygiène de vie (alimentation inadaptée – manque de sommeil)
  • un environnement inhabituel (chaleur – froid)
  • un état de santé déficient
  • un entraînement répétitif et monotone
  • des compétitions trop rapprochées
  • une spécialisation trop importante dans une discipline sportive
  • une augmentation trop rapide des entraînements

FullSizeRender_4

Les principaux symptômes du surentraînement

Le surentraînement est la résultante d’un cercle vicieux qui s’instaure dans la pratique du sportif : contrairement à la logique de base qui voudrait que « plus on s’entraîne, plus on progresse », c’est ici l’inverse qui se produit « plus on s’entraîne et plus on se fatigue ».

2 signes principaux permettent de détecter le syndrome de surentraînement :

  • la baisse du niveau de performance physique et psychologique
  • l’augmentation du rythme cardiaque pour un même effort

Par ailleurs, d’autres signes secondaires peuvent-être observés :

  • la perte de motivation, difficulté de concentration
  • la perte de poids et le manque d’appétit
  • des phases d’irritabilité et des troubles de l’humeur
  • des douleurs articulaires ou musculaires
  • des troubles du sommeil
  • des maux de tête et troubles digestifs
  • une sensibilité accrue aux infections
  • une fréquence cardiaque au repos plus élevée…

Le diagnostic du surentraînement n’est pas si simple à déterminer car chaque sportif éprouvera des symptômes différents. Cependant, il ne faut pas prendre certains signes pouvant paraître désuets à la légère : écouter son corps et ses sensations reste la meilleure façon de ne pas tomber dans ce fameux cercle vicieux qui engendrera le surentraînement.

Troisnenettesenbasket-Courir_sur_Piste-2web

Que faire en cas de surentraînement ?

Le meilleur traitement en cas de surentraînement est le REPOS. Plus la période de surentraînement aura été longue et plus la période de repos le sera également. Cela va de quelques jours à plusieurs mois, il s’agit du temps nécessaire pour que l’organisme puisse refaire ses stocks énergétiques et puisse pallier aux modifications qui se sont installées durant les mois de surcharge d’entraînement. Une meilleure alimentation en complément permettra de rééquilibrer le métabolisme. Un examen médical avec bilans sanguins peut-être nécessaire pour préciser le diagnostic et si l’état de surentraînement est confirmé, le sportif pourra reprendre progressivement suite à l’arrêt complet de l’activité.

Troisnenettesenbasket-Courir_sur_Piste-17web

La prévention comme solution

Mieux vaut être sous-entraîné que surentraîné ! L’équilibre entraînement/repos est primordial : un programme d’entraînement bien qualifié permet d’adapter un planning intensif raisonnable sans pour autant tomber dans le piège du surentraînement. Écouter ses sensations, corréler objectifs à atteindre et capacités propres à chacun sont le meilleur moyen de progresser intelligemment. Privilégier la qualité à la quantité, suivre et analyser ses performances, réduire les entraînements par périodes sont autant de solutions à prendre en compte pour évoluer positivement en gardant une bonne condition physique. En cas de doute, n’hésitez pas à réduire votre entraînement et à voir votre médecin si jamais vous soupçonnez un début de surentraînement.

On ne le dira jamais assez : écouter son corps est essentiel pour progresser. Difficile de se raisonner parfois, on ne porte pas attention aux signaux d’alarme qui nous guettent, mais quand il s’agit de dépasser ses propres limites au point de s’y brûler les ailes cela en vaut-il vraiment la peine ? Dans ces cas-là, la sagesse prévaut sur la performance, ne l’oubliez pas 😉

Justine

You Might Also Like

4 Comments

  • Reply
    SARAH
    16 août 2016 at 11 h 18 min

    merci pour ce post qui m’a appris sur le surentraînement et dans lequel on peut se retrouver (plus vite que prévu d’ailleurs ) merci a vous 3 pour ce blog qui nous apprend beaucoup

    • Reply
      troisnenettes
      22 août 2016 at 16 h 23 min

      Merci à toi de nous lire, c’est toujours un plaisir.

  • Reply
    Julie Mum N Run
    18 août 2016 at 13 h 27 min

    Surentrainée aussi je suis en arrêt total depuis 6 mois. D’abord tendinites, puis le dos qui me lâche. Bref je ne fais plus rien à part la sieste !
    C’est assez frustrant mais en même temps, je comprends pourquoi j’en suis arrivée là.

    • Reply
      troisnenettes
      22 août 2016 at 16 h 22 min

      Le principal est d’en avoir conscience car la suite ne sera que meilleure. Bise à toi

    Leave a Reply

    error: Content is protected !!