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Retour sur la Nuit blanche du Pilat

7 mois sans réaliser de course officielle… autant dire une éternité lorsqu’on a eu pour habitude de planifier ses semaines au rythme des courses à venir ! Fracture de fatigue guérie, niveau de course à pied vaillamment retrouvé après quelques mois de reprise où les premières semaines furent plutôt ardues, il était temps de remettre le pied à l’étrier en commençant cette année 2017 avec un nouveau challenge : courir un trail blanc nocturne, une grande première !

La Nuit blanche du Pilat a eu lieu pour sa 8ème édition ce samedi 14 janvier. Course organisée par l’association Sang pour Sang Sport qui met en place des événements sportifs pour la lutte contre la maladie du Lymphome, elle se déroule dans le Parc naturel du Haut Pilat (42). Environ 1500 coureurs sont attendus pour l’occasion dans le village du Bessat, le coup d’envoi de la course étant donné à 18h.

♦ Mes impressions sur le départ

« Quand l’une des nenettes en basket oublie les siennes… »

Après avoir effectué le trajet à partir de Lyon dans la bonne humeur avec les copains participant aussi à la course, nous arrivons enfin dans le parc régional du Pilat sous les lumières radieuses du crépuscule. Le paysage est sublime : des sapins enneigés à perte de vue, égayés par les derniers rayons du soleil. Il me tarde de pouvoir courir dans ce fabuleux décor hivernal !

Une fois sur place vient l’heure du changement de tenue. La température annoncée pour la course étant de -6°C, j’avais bien évidemment prévu la parfaite panoplie de la coureuse prévoyante. Cependant, je découvre avec stupéfaction en ouvrant mon sac de sport que j’ai oublié d’y incorporer celui contenant mes baskets ! L’une des nenettes en basket qui oublie les siennes pour sa première course post-blessure… c’est quand même un comble. Paniquée, je rejoins les autres partis chercher leurs dossards pour leur expliquer la situation. C’est à ce moment-là qu’est intervenue la solidarité entre coureurs puisque Yohan, membre du Run Bynight à Lyon (et que je ne remercierai jamais assez pour son acte salvateur !), me propose de me prêter la paire de chaussures qu’il portait sur le moment, ayant prévu une autre paire pour la course. J’accepte avec soulagement et me voilà donc partie direction la ligne de départ, une paire de Saucony adaptées à la course sur route un poil trop grandes aux pieds… c’est toujours mieux que les bottines à talons que je portais quelques minutes plus tôt  🙂

♦ La course

« Pas si facile de courir dans la poudreuse ! »

La nuit est quasiment tombée. Placée derrière la ligne de départ, c’est avec grande excitation que j’attends le coup d’envoi en admirant le feu d’artifice lancé pour l’événement. Première course depuis ma blessure, première course de l’année et premier trail blanc : j’ai hâte d’en découdre avec la poudreuse. Il a bien neigé les jours précédent et j’espère alors ne pas avoir à éprouver trop de difficultés sachant que je ne porte pas les chaussures adaptées. Me blesser à nouveau dès ma reprise de la course en compétition serait un coup dur…

Il est 18h, c’est l’heure de s’élancer pour parcourir les sentiers enneigés du Pilat ! La foule est compacte, je me rends très vite compte que courir dans la neige nécessite un effort plus poussé que sur le bitume ou sur chemin. Les foulées sont moins assurées, je veille constamment à ne pas perdre l’équilibre en parcourant ce terrain malléable. Naturellement, l’itinéraire se dessine au sol et le cortège s’étire. En effet, il est plus aisé de suivre les traces des coureurs précédents puisque la neige y est plus compacte. Difficile de doubler par endroits sous peine de devoir s’enfoncer dans la poudreuse.

«Allez Ju, c’est bien continue !» Doublée par mon ami Facely, je lui réponds que ça va mais que je glisse pas mal ! Contrairement aux détenteurs de chaînes ou de crampons sur leurs chaussures pour parer aux éventuelles glissades, celles que je porte ont les semelles relativement lisses et je ressens bien la différence en comparant mon aisance avec celle de certains coureurs qui m’entourent. Je fatigue plus vite mais malgré cet inconvénient, je me sens à l’aise lors des premiers kilomètres de la course. La neige commence à tomber.

« Si seulement j’avais les bonnes chaussures… »

Tout va bien jusqu’au 8ème kilomètre, lieu du ravitaillement. C’est ensuite les choses se gâtent : il est temps de grimper un peu ! Je marche dans les montées, les incessantes glissades m’ont demandé pas mal d’énergie et je ne cours pas derrière un chrono donc je décide de récupérer en montant pour accélérer dans les descentes. N’ayant pas regardé les caractéristiques de la course avant d’y participer, je ne savais pas que cette deuxième partie était la plus difficile. Les chaussures n’étant pas les miennes, je sens que mes pieds accusent le coup. Je ressens quelques frottements et surtout je ne porte pas mes semelles orthopédiques et mine de rien, les sensations sont clairement différentes.

Qu’importe, je prends mon temps. Je préfère éviter la chute, la blessure et l’épuisement inutile. L’essentiel pour moi est d’être là et je suis déjà plus qu’heureuse de pouvoir recourir après des mois sans avoir pu le faire ! Sur le parcours je vois plusieurs chaînes malheureusement perdues par leurs propriétaires, je me demande s’ils sont aussi à l’aise que moi sans la totalité de leurs accessoires… en tout cas, certains auront assurément été gêné par cet attirail car certains d’entre eux s’arrêtaient fréquemment pour les réajuster.

Anthony, un ami de Yohan arrive à ma hauteur et me demande si tout se passe bien avec les chaussures. À l’évidence ça pourrait être pire donc oui tout va bien ! La course touche bientôt à sa fin. Il est temps de quitter la forêt du Pilat pour retourner vers le Bessat sous les flocons de plus en plus présents. Le défilé des frontales s’accélère, petite pause devant le photographe et quelques dizaines de mètres plus loin, je franchis la ligne d’arrivée en 1h31. 

♦ Mon bilan

« Les courses m’avaient manqué ! »

Très contente d’avoir repris le chemin de la course en compétition, je suis d’autant plus heureuse d’avoir pu participer à mon premier trail blanc. C’est une belle découverte qui nécessite un investissement physique singulier, une expérience à réitérer ! J’ai eu de bonnes sensations malgré le port de chaussures qui n’étaient pas les miennes et cela m’encourage pour les courses à venir. En effet, cette fracture de fatigue subie il y a de cela quelques mois m’aura beaucoup fait douter concernant mes aptitudes physiques et j’ose espérer pouvoir progresser à nouveau dans les mois à venir.

Je termine cette 8ème édition de la Nuit blanche du Pilat en 1:31:44 temps officiel en finissant à la 605ème place sur 1569 participants. Concernant le classement féminin, je me place 35ème sur 406  (21ème des SEF).

♦ Mes prochains défis sportifs

 J’hésite encore concernant le choix du parcours mais je compte participer au Trail Givré de Montanay le 5 février prochain. Mon cœur balance entre le 9km et le 23km… je préférerais évidemment participer au 23 mais je veux être sûre de ne pas subir ma course après avoir repris les entraînements il y a seulement quelques mois. Réponse d’ici peu !

Justine

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3 Comments

  • Reply
    xavier
    20 janvier 2017 at 14 h 04 min

    Bravo justine. Super course que tu viens de réaliser. Tu es revenue dans le monde de la course qui est le plaisir. Comme moi je me suis orienté sur les trails différent de ceux que l’on a fait auparavant. La découverte d’autre chose. tout en ce déplaçant à l’extérieur, apprécier l’altitude et le nirvana. Cool. Très heureux que tu es repris. Aurions nous l’occasion de nous revoir sur des courses ? Peut être ? bisous.

    • Reply
      troisnenettes
      23 janvier 2017 at 21 h 56 min

      Si tu comptes faire des trails dans la région dans les mois à venir c’est fort probable oui 🙂

  • Reply
    Retour sur le 10km des Foulées San Priotes - Trois nenettes en basket
    21 février 2017 at 20 h 55 min

    […] et au semi-marathon. Je croise notamment Yohan grâce à qui j’avais pu courir lors de la Nuit Blanche du Pilat  (je crois d’ailleurs que ce petit incident va me suivre encore longtemps  ) mais aussi […]

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