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Retour sur l’Ultra Boucle de la Sarra

La fameuse piste de la Sarra… première confrontation lors du Lyon Urban Trail en 2015 : fraîchement arrivée en terres lyonnaises, c’est lorsque je me suis retrouvée en bas de cette ancienne piste de ski, en regardant la foule de coureurs la grimper difficilement, que j’ai compris que les challenges qui m’attendaient à Lyon allaient prendre de l’envergure. 

Habituée aux courses sur route lorsque je vivais en Bretagne, ma pratique a depuis clairement évolué et je me suis plutôt bien acclimatée aux spécificités relatives à mon nouveau terrain de jeux : les escaliers tant redoutés me sont aujourd’hui familiers, les enchaînements montées/descentes ont pris l’ascendant sur les tracés droits, plats et monotones… j’ai donc forcément été séduite par le concept créé en 2013 par Lyon Ultra Run.

Savoureux mélange entre urban trail et course en relais, l’Ultra Boucle de la Sarra se présente sous la forme d’un circuit de 2km à parcourir en 6h ou, grande nouveauté cette année, en faisant le tour du cadrant et en tentant le format 24h pour les plus courageux ! Vous l’aurez compris, le but est alors d’effectuer un maximum de boucles et ce, en solo, en duo ou en trio. Descendre la Sarra à toute allure, enchaîner avec les pavés puis les 563 marches de la Montée Nicolas de Lange… le parcours est loin d’être de tout repos avec ses 90m de dénivelé positif. Loin d’être effrayés par l’ampleur de la tâche, c’est avec mon ami JB que nous nous sommes inscrits pour 6h de course en duo, prêts à en découdre.

 Mes impressions sur le départ

« Tourner en rond pendant 6h… il faut quand même être un peu fou pour faire ça ! »

Pas de réveil matinal en ce jour de course pour une fois. Le début de l’épreuve étant à 17h, j’arrive sur les lieux une heure plus tôt et je retrouve mon coéquipier en grande forme avant d’aller chercher dossard, puce et témoin. Les participants du 24h solo sont déjà en action depuis la veille au soir, on sent la fatigue sur certains visages mais je reste admirative devant leurs performances ! 6h de course ça me paraît déjà énorme alors 24h…

Après quelques averses la veille, je redoutais de trouver une piste boueuse propice aux chutes mais finalement pas d’inquiétudes à avoir : le beau temps est de la partie et les copains sont venus en nombre. Je sens tout de suite que je vais passer mon temps à papoter lorsque JB sera en train d’effectuer sa part de labeur lors de l’épreuve !  Mélange de hâte et d’appréhension à l’approche du début de la compétition : c’est quelques jours auparavant en faisant une reconnaissance du parcours que j’ai vraiment réalisé la difficulté du challenge. Quoiqu’il en soit, étant la première de notre binôme de choc à m’élancer sur la boucle, je m’approche de l’arche de départ, témoin en main, prête à affronter à nouveau la Sarra en bonne et due forme !

 La course

« Il va falloir tenir jusqu’au bout ! »

Afin de fluidifier rapidement la foule de participants, la première boucle nous fait remonter la piste pour la redescendre ensuite : pleine d’adrénaline, je donne tout en grimpant mais la descente est rude ! Je manque de trébucher tellement celle-ci est raide après l’effort effectué en montée. Quelle stratégie adopter durant la course ? Sur le moment je n’en ai vraiment aucune idée. Je n’arrive même pas à visualiser le nombre de boucles que je pourrais être capable de faire. Enchaîner plusieurs boucles ou passer le témoin à JB tous les 2km ? Je me dis que cette course va se faire au feeling et j’espère surtout faire honneur à mon coéquipier qui, je le sais, va gérer cette course de main de maître 😉

Je continue mon chemin et il est déjà temps d’arpenter pour la première fois de la journée la montée Nicolas de Lange et ses 563 marches qui mènent jusqu’à la Tour métallique de Fourvière. Pleine de bonne volonté, je commence à grimper en trottinant avant d’enjamber les marches 2 à 2. « Mais pourquoi je m’inflige ça ?? » c’est vraiment la pensée que j’ai eu en tête lorsque je suis arrivée au bout de cet escalier sans fin. Une fois en haut, il est temps de souffler et d’admirer la vue qu’offre le Parc des Hauteurs sur la ville avant de transmettre le témoin à JB en haut de la piste de la Sarra. Verdict suite à cette première boucle ? Effort violent ! Je suis sortie de ma zone de confort mais, au vu de mes sensations, je sais que j’étais clairement dans le rouge. 10 minutes d’efforts et me voilà déjà en train de me demander comment j’allais faire pour tenir pendant 6h 😀 J’ai chaud, j’ai soif, je récupère comme je peux et je décide d’adopter une ligne de conduite à tenir pour les prochaines boucles qui vont se succéder…

« Pas de fatigue qui tienne, fais honneur à ton équipe !  »

Conséquence d’efforts répétés, j’anticipe au maximum les différents passages de la boucle pour les appréhender au mieux : dévaler la piste à toute allure, petite récup’ sur le plat, accélérations progressives dans les montées, stratégie concernant la prise en compte des marches… mine de rien je me concentre sur ces « petits détails » et j’arrive à rester relativement régulière côté timing. Nous alternons une boucle chacun ce qui me laisse une dizaine de minutes à chaque fois pour récupérer, m’hydrater, profiter du ravito et surtout partager des moments conviviaux avec les participants et les supporters venus nous encourager. Cette course est réputée pour l’ambiance qui y règne et je confirme que c’est l’un de ses atouts majeurs ! Les 6h passent très vites dans de telles conditions. Lors de chacun de mes départs je me sens portée par les encouragements et j’enchaîne les boucles du mieux que je peux.

Au bout de 4h de course je commence malgré tout à ressentir la fatigue. Les jambes sont plus lourdes ce qui se ressent surtout lors de l’ascension des marches mais je trouve une petite technique pour me soulager un peu : grimper les marches 2 à 2 d’une jambe et une à une de l’autre, en alternant à chaque pallier de la montée Nicolas de Lange. Ça peut paraître étonnant mais j’avais l’impression de décharger durant quelques instants les efforts de chacune de mes jambes grâce à cela et j’arrivais à maintenir un rythme convenable, comme une sorte de récup’ active, avant de rattaquer au maximum arrivée en haut de Fourvière. Les boucles se sont ainsi enchaînées au fur et à mesure que la nuit tombait.

Complètement déconnectée, je me perds dans le calcul des boucles. J’entends juste JB m’indiquer parfois le classement lors du passage de relais : « On est 3ème, on a seulement 3min d’écart avec les 4ème !». Ça me booste et je retrouve du poil de la bête ! Plus qu’une heure avant la fin de l’épreuve, les lumignons ornent la montée Nicolas de Lange et l’arche d’arrivée revêt des airs de discothèque avec fumée, jeux de lumières et musique motivante. Finalement rester 6h dans cette ambiance ça passe super vite ! J’apprends que nous sommes à présent le deuxième binôme derrière Marouane et Clémence, les vainqueurs du duo mixte de l’année précédente (impossible de les rattraper tellement ils galopent vite 😀 ). C’est ma dernière boucle avant la fin de la compétition et il faut absolument que je transmette le témoin à JB pour qu’il puisse effectuer une boucle supplémentaire avant l’heure fatidique. 22h59 : c’est chose faite ! Course terminée pour moi après 15 boucles engrangées. J’attends qu’il finisse la sienne, heureuse de la perf’ que nous avons effectué en équipe et fière d’avoir réussi à parcourir autant de boucles, je ne m’attendais pas à mieux pour une première 🙂

 Mon bilan

Outre le fait de finir sur le podium, c’est surtout la performance en soit qui me ravie : 63,2km parcourus à 2 soit quasiment 2800m de D+ et surtout plus de 17000 marches. Il y a un an je subissais douloureusement ma fracture de fatigue et il y a quelques mois encore, je me serais crue incapable de pouvoir accomplir un tel « exploit » peu de temps après avoir repris la compétition. Je suis surtout très heureuse d’avoir partagé ce moment avec JB et avec tous les copains présents sur l’événement !

Ça fait vraiment du bien de partager des moments sportifs comme celui-ci avec d’autres passionnés. Plusieurs personnes m’ont demandé ces derniers mois pourquoi je courrais autant et après quoi je courrais : à l’évidence je cours après des instants de bonheur comme ceux vécus ce week-end… et je ne suis pas prête de m’arrêter 🙂

 Mes prochains défis sportifs

Direction Bruxelles le week-end du 18 juin pour participer au Great Breweries 25k. Le principe ? Courir 25km dans la région flamande en traversant 3 des plus grandes brasseries belges, histoire de concilier course à pied et visites culturelles 🙂 Hâte de traverser les frontières pour vous raconter mes nouvelles aventures sportives !

Justine

Crédit photo : Laurent Briere 

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2 Comments

  • Reply
    UnPetitBoutdElise
    30 mai 2017 at 13 h 53 min

    Super récit! Cette course ne me tente pas du tout et tu arrives presque à me faire dire que finalement ça a l’air sympa…^^

  • Reply
    Retour sur le Great Breweries Marathon - Trois nenettes en basket
    21 juin 2017 at 12 h 31 min

    […] même à me poser la question car je ne me suis entraînée qu’une seule fois depuis l’Ultra Boucle de la Sarra. Manque de temps, manque de volonté il faut l’avouer, mais aussi parce que j’ai fait […]

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