Running Santé

L’angoisse d’avant course

Si vous êtes comme moi, une hyper angoissée d’avant course, alors cet article est fait pour vous. De nature plutôt sereine à la base, j’ai découvert que la pratique de la course en compétition pouvait avoir des effets plutôt étranges sur moi. C’est comme le jour où l’on passe son permis : on a peur, on a mal au ventre et on angoisse beaucoup trop. Je vis particulièrement cela avant mes courses alors que pendant 14 ans je n’ai jamais angoissé à l’idée d’aller faire un match de basket. Je me suis donc penchée sur le sujet pour essayer de comprendre et de m’auto-soigner.

Comment se traduit cette angoisse ?

D’une manière générale, 20% des femmes sont touchées par l’angoisse et 10% des hommes. Cela reste un mal bien mal connu et mal identifié.

L’angoisse se traduit le plus souvent par des palpitations, battements de cœur fréquents, transpiration ou encore maux de ventre. C’est une période délimitée dans le temps de craintes et de malaises internes. Elle peut également se matérialiser par des diarrhées avant course, celui qu’on appelle communément le « caca de la peur ».

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Pour ma part, je sens que les battements de mon cœur se font plus violents et j’ai souvent la sensation d’avoir envie de vomir et que mon repas ne va pas passer ce qui peut m’empêcher de bien manger avant la course. Je me force alors à ingérer les aliments car c’est pour mon bien. Je peux aussi avoir des douleurs intestinales et mal au ventre.

Pourquoi on angoisse ?
  • Car il y a des choses que l’on ne maîtrise pas…

C’est la particularité d’un sport comme la course. On a beau être hyper préparé, avoir révisé ses gammes et être physiquement au top, on ne sait jamais ce qui peut nous tomber dessus pendant une compétition. Un point de côté soudain qui vous cisaille le ventre, un mal d’estomac ou une envie pressante et hop c’est le stress assuré. Sachez cependant que cette hypothèse est moindre si vous êtes bien entraîné au préalable. Avec l’expérience, on apprend à gérer les petits ennuis tels que les points de côté et on sait les maîtriser. Sachez également qu’une blessure n’est pas soudaine en course à pied. D’où l’intérêt de consulter des professionnels de la santé si une douleur devient répétitive.

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  • Car nous avons peur d’abandonner

Une bonne préparation vous permettra d’être confiant et de vous rassurer sur le fait que vous pouvez le faire puisque vous vous êtes entraîné pour le faire. Si vous avez à minima réalisé une fois le même exercice en entraînement, vous savez que vous pouvez le faire. Ne vous lancez jamais dans une course si vous n’avez jamais testé vos limites en dehors. Apprenez à vous faire un peu mal pour transformer l’essai le jour J.

  • Car nous avons peur de décevoir 

Vous en êtes fiers et vous pouvez, tout le monde au bureau est au courant que vous faites un semi-marathon ce week-end, les gens vont vous suivre alors si vous avez un pépin, ce sera la déception totale. Plus sérieusement, l’effet « médiatique » que l’on met autour de la pratique de la course peut provoquer une angoisse un peu plus importante car on sait que certaines personnes vont nous observer et nous suivre. Alors, si vous gérez mal cela, n’en parlez pas. Gardez-le comme votre jardin secret…

A contrario, vous êtes trop dur avec vous-même et vous vous êtes mis une pression de dingue ! Mauvaise idée..

Comment gérer son angoisse ?
  • Adapter son organisation

Si vous avez une tendance à stresser, anticipez toutes les actions à réaliser. Sachez déjà à l’avance ce que vous allez porter. Consultez la météo au moins 3 ou 4 jours avant pour vous faire une idée. Adaptez vos menus en conséquence sur la semaine et prenez votre temps pour vous préparer.

Repérez les lieux de courses, travaillez sur le parcours comme ça vous saurez exactement à quoi vous attendre.

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  • Ne pas rester seul et s’occuper l’esprit

Quand on n’est pas bien, on a tendance à ne pas vouloir parler et à ne vouloir voir personne. Et c’est une erreur car quand on se retrouve seul avec soi-même c’est pire pour cogiter. La veille d’une course, profitez-en pour aller prendre un verre avec des amis, faire un cinéma ou encore voir vos proches. Occupez-vous la tête pour ne pas penser au jour J. Le jour même, levez-vous du bon pied, mangez bien et prenez le temps de vous préparer. Pour les courses ayant lieu très tôt le matin, il est important d’avoir un réveil musculaire progressif.

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Si vraiment vous n’arrivez pas à gérer vos angoisses, essayez de vous faire accompagner sur vos courses le Jour J. L’autre peut avoir un pouvoir apaisant. Il va vous parler, vous rassurer et vous pousser à aller loin. Il va vous donner des conseils et vous encourager. Pour ma part, cela a été une véritable thérapie d’être accompagnée par mes amis ou par Teddy. On fait des blagues, on se taquine et au final je ne pense plus à la course.

  • Faire des exercices de respiration

Quand on angoisse, notre cœur s’emballe et nous pouvons avoir du mal à respirer. Il ne faut pas hésiter à prendre le temps de respirer. Inspirer longuement et expirer longuement plusieurs fois de suite. Cela peut faire passer l’anxiété. Laissez votre cage thoracique s’ouvrir et laisser entrer l’air tout en faisant le vide au fond de vous. Mettez vos écouteurs sur vos oreilles avec votre playlist préférée et imaginez que vous êtes dans un endroit qui vous est cher, avec des gens que vous aimez. Je vous assure, ça marche.

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  • Faire le plein de positif : vous ne jouez pas votre vie

Dites-vous que si vous en êtes là ce n’est pas pour rien. Vous avez bossé dur pour ça. Sachez en plus que l’adrénaline donne des ailes et que l’on est toujours meilleurs en compétition. Ne pensez pas au pire mais faites-vous confiance. Dites-vous que dans le pire des cas, si vous ne pouvez plus courir, vous pourrez marcher et finir votre course en marchant car l’essentiel c’est de finir. Bon nombre de personne marchent pendant un marathon par exemple.

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Les erreurs à éviter
  • Prendre des cachets 

C’est typiquement la chose à ne pas faire. Cette prise pourrait réduire vos performances et provoquer des somnolences. Si vous n’arrivez pas à dormir la veille d’une course, profitez quand même d’un repos en restant allongé, les yeux fermés et procédez aux exercices précédemment décrits. Si besoin, appelez votre meilleur ami qui saura trouver les mots et pour les plus chanceux profiter des bras de votre conjoint, ils seront bénéfiques et rassurants.

  • Se faire vomir

Je l’ai vu dernièrement sur le départ d’une course et clairement il faut bannir ce genre de pratique. Comment pouvez-vous prendre un départ de course si vous êtes complètement vidée de tout nutriment ou aliment? En plus, c’est moralement difficile et contraire aux valeurs de la discipline. Nous ne sommes pas là pour nous faire souffrir. sachez que la nausée vient avec l’angoisse et qu’en respirant de manière sereine, l’envie de vomir peut partir. C’est seulement le cerveau qui communique avec vos intestins pour lui dire que quelques chose ne va pas. Mais si vous agissez sur votre cerveau, ce signal va s’estomper. Rassurez-vous, votre corps va bien !

  • Se fixer des objectifs non atteignables

Si vous débutez en course à pied, ne vous fixez pas d’objectif car cela pourrait être décevant. Courrez sans attente, dites-vous que ce que vous faites est bon pour la santé et que votre corps vous dira merci. Surtout si vous débutez, vous n’avez aucun repère donc il vaut mieux courir pour le plaisir plutôt que pour le chrono.

  • Abandonner …

Sachez une chose, chaque compétition doit être précédée d’une préparation adaptée : être bien préparé, c’est éviter les bobos et les tracas et par conséquent l’angoisse !

Sarah

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11 Comments

  • Reply
    Thierry lyon running
    6 septembre 2016 at 10 h 37 min

    Le fait de savoir que ma petite famille est là le jour de course m’apaise beaucoup. Je n’ai pas ses problèmes expliqués en première partie d’article qui sont délicats à gérer et à minimiser. Je n’ai qu’un petit stress d’avant course le jour J. Une bonne partie de ce stress m’est enlevé en relativisant à outrance. Usain Bolt disait que le travail et le stress c’est la préparation et la course le plaisir. Je garde ça en tête. p’tain j’ai cité Usain Bolt….

    • Reply
      troisnenettes
      6 septembre 2016 at 16 h 10 min

      Salut Thierry, le stress est bon quand il est maîtrisé … merci pour cette citation, comme quoi .. même les meilleurs ont la frousse 🙂

  • Reply
    delphine
    6 septembre 2016 at 12 h 22 min

    Merci pour cet article qui me prouve que non, je ne suis pas seule à angoisser à l’approche d’une course. Je cours sur Rennes, et je me demandais si les photos n’étaient pas prises à Courtemanche?
    Bravo pour votre blog
    Delphine

    • Reply
      Stéphane
      6 septembre 2016 at 13 h 27 min

      C’est en effet le stade de Courtemanche !

      • Reply
        troisnenettes
        6 septembre 2016 at 16 h 08 min

        Bien vu Stéphane 🙂

        • Reply
          Stéphane
          6 septembre 2016 at 16 h 16 min

          Plus de 10 ans à courir sur ce stade, forcément ça marque ! 🙂
          Sinon, bravo pour votre site !

          • troisnenettes
            6 septembre 2016 at 16 h 20 min

            Merci à toi. 10 ans bientôt que je vis ici et je me rends compte que j’ai encore bien d’autres spots à découvrir ! Tu fais quoi type de course?

    • Reply
      troisnenettes
      6 septembre 2016 at 16 h 08 min

      Hello Delphine, tu as vu juste. Elsa m’a fait découvrir ce spot, que je connaissais pas ! Tu cours dans quel coin?

      • Reply
        Stéphane
        6 septembre 2016 at 17 h 11 min

        Après l’athlé (400, 800 et 1500m.), je suis sur 10km et triathlon maintenant.
        Effectivement, il y a plein de lieu pour courir et à découvrir sur Rennes.

  • Reply
    delphine
    8 septembre 2016 at 8 h 09 min

    @troisnenettes : en semaine, sur le canal St Martin, ou bien vers les étangs d’Apigné. Et à Courtemanche of course 😉
    Parfois sur le stade de la Bellangerais aussi.

  • Reply
    Elsa
    13 octobre 2016 at 19 h 11 min

    Merci pour cet article, je suis aussi une angoissée de l’avant course et cela me rassure de voir que je ne suis pas seule !

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