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Courir au féminin

Ne vous êtes vous jamais posées la question de savoir pourquoi nous sommes différentes des hommes dans nos pratiques sportives? Une certaine inégalité innée semble bien présente quand on regarde simplement les performances sportives hommes et femmes. Le record du 10km masculin est à 26m17s alors que le féminin est à 29m17s. D’où proviennent ces différences ? Et qu’impliquent-elles ?

La faute aux hormones

C’est à la puberté que les différences réelles vont apparaître entre un homme et une femme. Il y a ce que l’on va voir (poils, poitrine, voix ..) et tout ce qui ne ce voit pas et qui oeuvre à ce grand chamboulement : les hormones. Les hommes sécrètent de la testostérone. C’est l’hormone mâle, celle qui est sécrétée par les testicules, qui est souvent associée à la compétition sociale et aux comportements de dominance. Elle favorise aussi le développement des muscles et des os. Elle est donc d’une grande aide dans la pratique sportive et rend, pas conséquent, les hommes plus forts que les femmes.

Les femmes sécrètent des œstrogènes. Et les femmes ont pour première « fonction » de donner la vie. Notre corps est donc orienté autour de cette fonction première, naturelle. Les œstrogènes ont un rôle important dans la protection du corps de la femme.

Aussi, pour bien fonctionner à l’âge adulte, le corps est composé de différents éléments dont la masse graisseuse. Le taux de masse graisseuse chez un homme se situe entre 17% et 21% alors qu’il est entre 24% et 28% chez le femme (le jolie nid douillet pour accueillir un enfant 🙂 ). Ainsi, une femme qui atteindrait un niveau de masse grasse pour performer comme un homme se mettrait particulièrement en danger !

Nous sommes donc forcées de vivre avec plus de masse graisseuse que les hommes, ce qui altère nos performances.

Quand être une femme est un danger dans le sport

Les faits divers arrivent de toute part et les médias s’empressent toujours de relater des faits liés aux joggeuses. De quoi bien nous faire flipper quand on part courir. Et c’est vraiment une réalité.

Dans nos vies de coureuses, on a toutes eu à faire au moins une fois à des comportements jugés déplacés de la part des hommes. Peut-être moins dans l’autre sens 🙂 même si je suis persuadée que c’est déjà arrivé à des hommes. Mon conjoint s’était notamment fait casser la figure pendant les vacances car il avait craché à côté d’une berge et que cela n’avait pas plus à un passant un peu énervé.

Il est donc important de bien savoir comment réagir quand on est confronté à un cas d’agression verbale ou physique. L’arrivée du printemps et les guibolles à l’air attisent les regards et les couleurs flashis ne passent pas inaperçus (et c’est le but pour courir en toute sécurité et être vu). Paradoxe complexe. Essayons quand même au maximum de ne pas effleurer la limite du vulgaire.

Dans le cadre de l’agression verbale, mieux vaut tracer sa route et faire profil bas, c’est mieux pour vous. Si les faits vont au delà, ou que vous constater un comportement vraiment déplacé, il faut alors alerter. Typiquement, un homme qui ferait des choses suspectes en votre présence, doit être puni pour cela car il pourrait très bien le faire avec quelqu’un d’autres. Si vous êtes agressée physiquement, il faut aller chez un médecin faire constater les faits avant d’aller porter plainte.

Faits de harcèlements

Elsa a déjà subit des agressions verbales directes du genre “joli p’tit cul”, “je me la taperais bien” ou bien plus méchantes du type “qu’avec des jambons pareil on pourrait nourrir toute une famille”… Sans parler des regards : pesants, lourds, comme si on allait « passer à la casserole ». « On en vient même à ne plus avoir envie de porter les tenues que l’on voulait au risque de se faire emmerder ». Elle qui fréquente plus la piscine que moi, peut aussi confirmer qu’il s’y passe des choses bizarres. Ceux qui, au loin, mettent la tête sous l’eau au bout de la ligne pour mater sans se cacher.

Justine a vécu des choses similaires, des expressions verbales du type “t’es charmante, c’est quoi ton numéro ?” mais aussi en passant par les “vu son cul elle doit faire pas mal de squats à la salle…” jusqu’aux commentaires un peu plus virulents comme les “sale chienne”, “fais pas ta belle” et autres joyeusetés. Ou encore les remarques machistes “Je ne vais certainement pas me faire doubler par une femme !”. C’est pas de bol mais Justine a un super niveau !

Pour ma part, c’était d’un tout autre genre. Il y a ceux qui sont un peu trop chauds à mon goût (un matin, j’ai croisé un homme en train de se masturber dans un chemin de campagne) et ceux qui sont violents dans leurs paroles et leurs gestes. A deux reprises, j’ai été victime de violences. Une fois je courais sur une route de campagne en pleine après-midi d’été et 4 jeunes m’ont croisé en voiture. L’un d’eux a ouvert la fenêtre passager et m’a craché dessus. Je n’ai pas compris. Une autre fois, j’ai reçu un projectile.

Les cas sont nombreux, mais il ne faut pas non plus se mettre en danger ou vouloir faire sa propre justice.

> Retrouvez l’article dans lequel nous avons témoigné : ici

Menstruations, grossesse, ces événements qui nous chamboulent

Etre une femme, c’est passer par des étapes presque incontournables. Quand ce ne sont pas les règles, ce sont les hormones qui nous donnent mal au crâne. Sans parler de la grossesse. Tous ces événements de vie peuvent perturber l’exercice du sport pour une femme.

Des menstruations abondantes peuvent entraîner une fatigue intense (le fer peut manquer) ou alors des douleurs à l’abdomen ou les reins pour les moins chanceuses. Le seul conseil que je peux donner c’est de se reposer et de reprendre quand le corps va mieux. Rien ne sert d’insister dans ces cas là. Pour ma part, il m’arrive de ne pas du tout être performante pendant mes règles, surtout depuis que j’ai eu un enfant et que j’ai changé ma contraception (stérilet au cuivre). Mais c’est un choix que j’accepte. Un article de Kaizen Magazine illustre d’ailleurs à la perfection ces fluctuations durant notre cycle, avec les moments de mieux et de moins bien.

La grossesse et l’après grossesse sont des phases raisonnables de la pratique de la course à pied. On réduit pour les plus chanceuses, on arrête pour les autres et on laisse la nature faire son nid au creux de notre ventre bien douillet. Les questions sont nombreuses : Courir ou non ? Quand reprendre ?

Il n’y a pas de réponse unique et toute faite car chaque femme est différente. En tout cas, si vous voulez quelques éléments de réponse, je vous invite à relire les articles suivants :

Sarah

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